01Politique & institutionsMoyen-Orient/Afrique du Nord
Au Proche-Orient, quatre pétroliers touchés dans le détroit d'Ormuz
Les Gardiens de la révolution iraniens font état de quatre navires pétroliers en feu après avoir heurté des mines dans le détroit d'Ormuz. L'incident intervient alors que la guerre avec l'Iran fait déjà flamber les tarifs du fret pétrolier.
Ce vendredi 30 octobre, les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé que quatre pétroliers avaient pris feu après avoir heurté des mines dans le détroit d'Ormuz, selon Al Jazeera. Un navire distinct a par ailleurs été frappé par un « projectile d'origine inconnue » au large de l'île iranienne de Lavan, provoquant un incendie à bord, d'après l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO citée par Le Figaro. Le président américain Donald Trump a affirmé que le conflit avec l'Iran allait « se conclure bientôt », selon Al Jazeera. Cette tension maritime s'ajoute à une pénurie de navires pétroliers déjà documentée par Le Monde, qui a fait bondir les tarifs du fret dans la région depuis plusieurs semaines. Les chaînes logistiques mondiales du pétrole se trouvent ainsi doublement fragilisées par le conflit et par ces nouveaux incidents en mer.
Canada et Union européenne scellent une nouvelle alliance stratégique
Réunis à Montréal, Mark Carney et Ursula von der Leyen ont annoncé l'« Alliance pour l'avenir », un partenariat ouvert à d'autres pays et comportant des mesures concrètes sur le commerce numérique, les matériaux critiques et l'intelligence artificielle. L'accord se veut une réponse à l'instabilité géopolitique mondiale.
Lors d'un sommet de deux jours à Montréal conclu ce vendredi 30 octobre, le premier ministre canadien Mark Carney et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont dévoilé l'« Alliance pour l'avenir », une nouvelle coalition de pays partageant les mêmes valeurs, selon The Guardian. Les deux dirigeants ont qualifié ce partenariat de « canopée protectrice sous laquelle nos citoyens peuvent s'épanouir », et affirmé que la coopération la plus profonde possible entre le Canada et les Vingt-Sept offrait un potentiel de stabilité et d'opportunités sans précédent. D'après Le Monde, le sommet a débouché sur des mesures concrètes : extension du programme Erasmus, virements de fonds instantanés, accord sur le commerce numérique, coopération sur les matériaux critiques ainsi que sur l'intelligence artificielle et les supercalculateurs. L'alliance reste ouverte à l'adhésion d'autres pays partageant les mêmes orientations. Ce rapprochement intervient alors que Breaking Defense souligne que la coopération sécuritaire entre le Canada et l'Europe constituait l'un des points centraux de ce sommet.
Crise constitutionnelle en Pologne : le président rejoint les manifestants
La suspension du président du Tribunal constitutionnel polonais a déclenché des manifestations et un important déploiement policier. Le président Karol Nawrocki a interrompu un déplacement en Afrique pour se rendre sur place, tandis que la Cour dénonce un « coup d'État ».
Le président polonais Karol Nawrocki a écourté une visite en Afrique pour rejoindre, ce vendredi 30 octobre, les manifestants rassemblés devant le Tribunal constitutionnel à Varsovie, selon Al Jazeera et le South China Morning Post. La crise fait suite à la suspension du président de cette plus haute juridiction, Bogdan Swieczkowski, dans un bras de fer opposant le gouvernement centriste à la droite nationaliste, rapporte le South China Morning Post. Des dizaines de policiers anti-émeutes ont bloqué l'accès à l'enceinte du tribunal, empêchant notamment les soutiens du parti d'opposition Droit et Justice (PiS) d'y pénétrer, précise Le Figaro. La Cour elle-même dénonce un « coup d'État », selon Le Figaro. Ce différend s'inscrit dans un conflit plus large et déjà ancien sur la politisation du Tribunal constitutionnel sous l'ancien gouvernement PiS.
Flavio Bolsonaro en fuite aux États-Unis, sa déclaration de « président élu » tourne au fiasco
Après sa défaite face à Lula, le candidat d'extrême droite s'est enfui aux États-Unis et s'est brièvement autoproclamé « vrai président élu » du Brésil, avant d'essuyer railleries et pressions diplomatiques. Brasilia a convoqué l'ambassadeur argentin, soupçonnant Buenos Aires d'avoir facilité sa fuite.
Après sa défaite dimanche face à Luiz Inácio Lula da Silva, Flávio Bolsonaro a fui vers les États-Unis alors qu'il devait remettre ses passeports dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent, rapporte le South China Morning Post. Pendant 58 minutes, il s'est autoproclamé « vrai président élu » du Brésil, une déclaration qui a fait de lui la risée de la presse brésilienne, selon The Guardian. Ce vendredi 30 octobre, le candidat malheureux a justifié son départ par une « persécution » dont il affirme être victime, sans étayer ses accusations répétées de fraude électorale, précise Le Monde. Le Brésil a convoqué un diplomate argentin pour obtenir des explications sur le rôle de Buenos Aires dans cette fuite, selon Al Jazeera, menaçant un peu plus les relations entre Lula et son homologue argentin Javier Milei. Donald Trump et Javier Milei sont eux aussi sous pression pour expliquer le rôle de leurs pays respectifs dans cette évasion, d'après le South China Morning Post.
Troisième samedi de mobilisation sociale en France sous très haute tension
Environ 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour cette nouvelle journée de manifestations, classée à « risque très élevé » par le ministère de l'Intérieur. Le parcours parisien reste disputé entre la préfecture et la justice administrative.
Pour le troisième samedi consécutif, gilets jaunes, syndicats et organisations étudiantes et lycéennes appellent à manifester dans toute la France ce samedi 31 octobre, selon Le Figaro. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la mobilisation d'environ 70 000 policiers et gendarmes, qualifiant cette journée de « risque très élevé de troubles à l'ordre public ». Le tribunal administratif de Paris a autorisé le parcours Bastille-Nation réclamé par les organisateurs, mais le préfet de police a fait appel de cette décision devant le Conseil d'État, qui devait trancher dans la nuit, précise Le Figaro. Cette nouvelle journée intervient alors que la défense du droit de manifester s'ajoute désormais aux revendications sociales initiales, sur fond de tensions croissantes avec les autorités. D'après la politiste italienne Donatella della Porta, citée par Le Monde, la sévérité de la répression des mobilisations de jeunes en France constitue une spécificité par rapport au reste de l'Europe, tout en s'inscrivant dans une tendance plus large vers des opérations qu'elle qualifie de contre-insurrectionnelles.
Face à des épisodes où l'ordre institutionnel vacille sous la contestation ou la rivalité des pouvoirs, le concept hobbesien de sécurité permet de comprendre pourquoi l'État mobilise une force disproportionnée pour réaffirmer son autorité.
Concepts mobilisés : Sécurité et souveraineté
La théorie
Pour Hobbes, les individus renoncent à une partie de leur liberté naturelle et acceptent une autorité souveraine unique précisément pour échapper à l'insécurité que produirait la concurrence généralisée des volontés et des forces. Cette autorité n'est légitime que si elle garantit effectivement la paix civile. Mais le mécanisme a un revers : dès que la souveraineté elle-même semble se fragmenter ou se contester, c'est la crainte du désordre généralisé, plus que la défense d'un principe abstrait, qui pousse les pouvoirs en place à réagir avec une fermeté disproportionnée, pour rétablir l'apparence d'un commandement unique.
Ce qu’elle éclaire aujourd’hui
En Pologne, la suspension du président du Tribunal constitutionnel ouvre une faille dans l'unité de l'autorité souveraine : deux légitimités, celle du gouvernement et celle de la Cour, se disputent le dernier mot, et le déploiement de policiers anti-émeutes vise moins à trancher le droit qu'à empêcher que ce flou institutionnel ne dégénère en affrontement physique. En France, la mobilisation de 70 000 policiers pour une manifestation sociale répond à la même logique : l'État ne redoute pas seulement le désordre matériel, mais la démonstration que son monopole de la contrainte pourrait être débordé. Dans les deux cas, l'ampleur du dispositif sécuritaire s'explique moins par la gravité objective de la menace que par l'enjeu hobbesien central : préserver la visibilité d'une autorité incontestée, condition même de la paix civile selon cette théorie.
Limite de cette interprétation : Cette lecture minimise les revendications démocratiques et sociales portées par les manifestants, que Hobbes, centré sur l'ordre, ne permet pas vraiment de prendre au sérieux.